Pourquoi certaines personnes ont peur de l'EDL ?


J'ai fini par réaliser que certaines personnes ont peur de l'EDL. En fait, c'est tout à fait normal, c'est une sorte de trac devant l'inconnu.

Pour ces personnes, l'EDL propose trop de liberté d'un seul coup. Dans la pratique du Tantra, on fait des méditations diverses et variées qui permettent d'explorer un peu de liberté à la fois, on y va en douceur. L'EDL est adapté à des personnes qui veulent vraiment se jeter à l'eau, et même dans le vide. C'est un saut sans filet, on ne vous dit pas quoi faire, vous êtes directement face à la responsabilité de ce qui se passe.

La personne qui vient à un stage de Tantra est prise en charge, guidée, elle est dans un espace sécurisé où elle fait ce qu'on lui dit de faire et suppose que son ou sa partenaire en fera autant, la part de liberté est bien calibrée. On est protégé par le cadre. Dans l'EDL, la personne doit se protéger elle-même, prendre la responsabilité de dire "stop" si elle ne veut pas quelque chose, et surtout elle est face à ses propres pulsions et c'est surtout cela qui fait peur.

Nous sommes tellement accoutumés à être limités par des barrières sociales, par le jugement des autres etc, que se retrouver sans ces limites fait peur. A la longue, les murs de la prison rassurent le prisonnier, sortir lui fait peur.

Curieusement, quand la personne vient avec une idée en tête, elle n'a pas cette peur, parce que l'ego se fait une idée de ce qui va arriver.

Cela m'amène à me poser la question : " Pourquoi vient-on à une séance d'EDL ?"

Clairement, je peux déjà parler de ma motivation : Je cherche à créer un lien intime, physique et affectif avec d'autres personnes. Je cherche à vivre des moments d'intimités en groupe car l'intimité et la sexualité de couple sont trop limitées à mon goût. Alors bien sûr, on peut se dire "Bon, c'est des partouzes, que tu organises !" Eh bien, je ne le vois pas comme ça, même si ça peut y ressembler. En fait, c'est dans l'imaginaire que cela se passe comme ça. Lorsqu'on le vit, on n'a pas du tout la même impression.

Dans ma vie, j'ai vécu certaines situations de ce genre, même si elles n'étaient pas nommées de cette façon. La différence essentielle que j'y vois est la façon dont c'est vécu et surtout l'après. Ce n'est pas vécu de la même façon parce que lors d'une partouze, l'objectif est surtout sexuel et après on n'a pas forcément envie de retrouver les personnes impliquées. Avec l'EDL, je cherche à créer du lien. Les séances ne sont que le début d'une relation qui se veut à long terme et dont l'objet n'est pas spécialement le sexe, même s'il n'est pas exclu.

De toute façon, la proposition n'est pas de faire une partouze et dans les fait ça n'est jamais arrivé. Si cela arrive, ce sera parce que les participants le désirent. Rien ne les empêche de danser, de rester assis à méditer ou regarder, n'importe quoi d'autre... En fait cette objection vient des personnes pour qui cette image s'impose d'elle-même à l'idée d'être libre en groupe. Donc elles ont une idée, puis dans un deuxième temps, elles censurent cette idée en l'objectant. C'est l'essence même d'un conditionnement. Les interdits culturels créent des frustrations et des compulsions en découlent. On "doit avoir" ce qu'on "ne peut avoir". Tout enfant qui n'est pas encore cassé par son éducation vous dira qu'il désire ce qu'on lui interdit, même s'il n'y pensait pas avant qu'on lui interdise, car l'interdiction pique sa curiosité.

Dans une relation de couple, le sexe n'est pas la seule activité en commun, sinon cela n'est pas satisfaisant. En couple, on fait autre chose. Dans l'EDL, c'est pareil, on commence par une approche, de la tendresse, des jeux, cela passe éventuellement par le sexe, mais ça ne s'arrête pas là, après on projette de se revoir pour vivre des périodes ensemble, comme des vacances, échanger, parler, faire à manger, faire du sport, faire des voyages, et on peut éventuellement organiser une vie en commun.

Au final, c'est une question de responsabilité, si une personne se retrouve impliquée dans une partouze, c'est qu'elle le désire, même si c'est un désir inconscient, ce qui se passe pour elle est le reflet de son souhait par les lois de l'attraction et de la résonance bien connues de nos jours. Donc soit la personne est prête à assumer la responsabilité de sa réalité soit elle ne l'est pas.

Donc je conseille vivement aux personnes qui souhaitent participer à une séance d'EDL de se poser clairement la question "Suis-je prêt(e) à assumer la responsabilité de ce que je vis, sans m'en sentir la victime ?"